Muscler son mental : les 25 centimètres qui font la différence.

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Pourquoi le funambule ne tombe-t-il pas ? Je ne sais pas pour vous, mais beaucoup de personnes perdent leurs moyens lorsqu’il y a de l’enjeu. On peut s'entraîner sans problème, mais dès qu’il y a de la pression, tout devient plus compliqué et les erreurs se multiplient. Et si la différence entre les deux situations n’était pas l'enjeu, mais notre mental ? Aujourd’hui, nous voyons comment rester focus sur ce qui compte, comment muscler notre mental et surtout, comment assurer sur les 25cm qui font la différence ?



1 — Avancer pas à pas

On peut commencer un projet en confiance. On est relativement calme et tout progresse comme à son habitude. Mais dès lors que l’on approche de la fin, dès qu’il s’agit de gagner ou de perdre, dès qu’il s’agit de finir ou de continuer, les erreurs commencent à s’enchaîner. Le parcours n’est plus si beau et la performance globale se dégrade.

Une personne maîtresse de son mental ne se focalise pas sur l’enjeu, mais sur ce qu’elle est en train de faire dans l’immédiat. C’est parfois déroutant, on se surprend à faire des choses qui n’ont peut-être pas de sens lorsqu’elles sont sorties de la stratégie globale. Mais pour que cette stratégie globale réussisse, nous devons exécuter toutes les étapes, les unes après les autres, avec un maximum de concentration. Peu importe ce qui précède. Peu importe ce qui suit, c’est maintenant que le jeu se joue.

2 — S’entraîner quoi qu’il arrive

L’excès de confiance nous amène parfois à négliger l’entraînement. On a l’habitude, on l’a déjà fait, c’est facile. Et c’est vrai que la majorité du temps nous devons simplement refaire ce que nous avons déjà fait, mais ça, c’est quand tout se passe bien.

Pour rester maîtres de nous-même sous la pression, nous devons être préparés à l’imprévu. Nous devons développer des réflexes pour avancer en mode automatique si le mental devait avoir un moment d’égarement.

Les actions que nous entreprenons superposent souvent plusieurs compétences, plusieurs techniques ou plusieurs gestes. Lorsqu’on essaie de tout refaire d’un seul coup, on ne peut pas se focaliser sur l’ensemble des gestes et l’ensemble des détails qui conduisent à la perfection. Entraînez-vous en vous concentrant sur un détail à la fois, il existe autant d’entraînements que de gestes à réaliser.

Et au-delà du simple travail de compétence, un entraînement régulier et consciencieux vous sécurisera. Quoi qu’il arrive, vous aurez tout fait pour réussir.

3 — Se détacher de l’échec et de la victoire

On visualise souvent la conséquence de nos actes. Mais le funambule ne se visualise pas en bas du ravin. Il reste concentré sur chacun de ses pas.

Se blâmer pour les erreurs où s’enorgueillir d’une réussite nous détache du moment présent. Et c’est extrêmement consommateur d’énergie. Ces attitudes mentales nous poussent vers l’erreur.

En parallèle, l’erreur fait partie de l’expérience. Elle est nécessaire pour progresser et assimiler pleinement les gestes à ne pas reproduire. Pendant le projet, il est préférable d’accepter l’erreur et la réussite de façon neutre. Il sera toujours temps de célébrer la victoire ou d’analyser ce qui aurait pu être mieux fait ensuite.

Dans l’immédiat, ce qui compte c’est avant tout la passion qui nous anime.

4 — Programmer son mental pour la réussite

Un enjeu important crée une forte charge mentale. Nous ne devons rien oublier et penser au moindre détail. Et c’est parfois difficile de rassembler dans son esprit une multitude de détails variés. Nous l’avons vu, l’entraînement crée des réflexes et exerce notre corps à gérer automatiquement ces détails. Mais ce n’est pas tout, votre mental aussi doit être préparé.

Les habitudes créent une zone de confort. Dans cette zone, vous vous sentez en sécurité, et surtout les habitudes vous permettent de créer un état mental dédié au challenge. Petit à petit, cet état vous permettra d’évacuer les pensées parasites et contribuera à augmenter votre concentration.

Barack Obama, Mark Zuckerberg et Steve Jobs s’habillent toujours de la même façon. Et lorsqu’on leur a demandé pourquoi, ils ont répondu « chaque jour je fais des centaines de choix qui changent le monde. Ne pas avoir à choisir comment je m’habille est un soulagement ».

Les habitudes constituent autant de choses auxquelles vous n’avez pas à penser. Elles sont dans vos protocoles et c’est amplement suffisant pour que vous les appliquiez sans réfléchir.

Alors, bien sûr, le progrès naît du changement, des remises en cause et des habitudes non respectées. Différenciez simplement les moments d’exploration, de tentative, de travail hors zone de confort et les moments de compétition dans lesquels on applique simplement le meilleur protocole identifié jusqu’ici.

5 — Soigner son discours interne

Puisque nous parlons des habitudes, revenons sur nos habitudes de langage. Notre discours conditionne grandement notre performance. Se frotter à un nouvel objectif en se disant « je n’y arriverai jamais » n’incite pas notre cerveau à libérer toute son énergie ou à trouver une solution. S’il pense que quelque chose est impossible, il sort du mode de résolution pour entrer en mode protection. Et ça peut vous faire craquer bien trop tôt.

Muscler son mental, c’est aussi exercer son discours pour mettre en lumière le verre à moitié plein plutôt que la moitié vide. Dans le discours interne, on distingue plusieurs types d’injonctions. Prenons par exemple :

  • les jugements de potentiel (je peux le faire — je ne peux pas le faire) ;

  • les suggestions (où as-tu mal ? En quoi ai-je progressé) ;

  • les motivations et les règles (pourquoi je veux gagner — gagner ne sert à rien).

Ces injonctions existent toutes dans des formes positives ou négatives. Favorisez les formulations qui suggèrent de trouver une solution, d'augmenter votre énergie ou d’affiner vos choix. Des phrases telles que celles-ci peuvent vous aider :

  • je vais faire des gestes plus amples (dans une pratique sportive par exemple, lorsque ça a un sens) ;

  • je me donne au maximum ;

  • maintenant, je vais franchir cette étape ;

  • c’est parti, j’y vais, ils vont voir ce qu’ils vont voir ;

  • c’est mon plus beau challenge ;

  • quelle est sa plus grande faiblesse (en observant un adversaire).

Pour aller plus loin sur le discours interne, n’hésitez pas à consulter notre article sur les solutions cachées et la qualité du questionnement.




Nous venons de voir ensemble 5 façons de muscler son mental pour rester inébranlable le moment venu. Si le funambule ne tombe pas, c’est simplement parce qu’il ne regarde pas en bas en se disant qu’il va mourir. Il avance pas à pas et se concentre entièrement sur ses gestes sans penser à la suite. Mais surtout, il possède un mental d’acier. Parce que comme le dit Bobby Jones “Le golf se joue sur un parcours de 25 cm, l’espace entre vos oreilles”.

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À bientôt






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