• Adrien

Décrypter ses émotions : les signes étaient pourtant juste là

Elles peuvent vous faire exploser. Elles peuvent vous tétaniser, mettre votre motivation au maximum, multiplier votre combativité ou vous faire renoncer bien trop tôt. Oui, je vous parle bien des émotions. Et leur nom porte du sens : le latin emovere signifie « mettre en mouvement ». Certains les ignorent pour favoriser la pensée « rationnelle ». D’autres veulent les mettre sous « contrôle » pour en profiter sur commande. Mais aujourd’hui, quelques questions se posent : Pourquoi ressentons-nous des émotions ? Que signifient-elles réellement ? En quoi pouvons-nous les utiliser ? Suivez-moi.




Pourquoi ressentons-nous des émotions ?

Les émotions sont les messages que l’inconscient nous envoie. C’est le résultat de toutes ces petites choses que nous savons au fond de nous, mais que le conscient ignore, faute de pouvoir l’expliquer. Elles veulent nous forcer à bouger (emovere) ou du moins à agir pour changer la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Le conscient constitue l’aspect formel, organisé et mathématique de notre personnalité. Et il se censure pour rentrer dans le moule. L’inconscient, lui, ne dispose pas d’un langage codifié. Il ne réfléchit pas avec des mots. Et comme il ne s’encombre pas de mises en forme, il est totalement disponible pour observer les relations de cause à effet autour de nous.

Alors quand l’inconscient veut parler au conscient, ça donne des signaux relativement flous pour notre conscience cartésienne : des impressions, des sensations, des sentiments, des intuitions, des impressions de déjà vu… Un message bien codé, un vrai casse-tête parfois, mais quand on y pense, c’est aussi très poétique. Il ne reste plus qu’à remettre tout ça en ordre pour comprendre leur sens…

L’erreur que nous faisons régulièrement, vous l’avez compris, c’est de croire que les émotions ne sont qu’un état passager, plus ou moins agréable qu’on peut ignorer par la volonté, l’alcool, la patience ou par des attitudes de fuite. Bien entendu, on peut les ignorer, mais c’est comme ne pas décrocher ce téléphone qui continue encore et encore de sonner.

Que signifient les émotions ?

Une émotion reflète un besoin. Et c’est parfois contre-intuitif. Lorsqu’on éprouve de la joie par exemple, on pense d’abord que c’est parce qu’on a obtenu ce qu’on voulait. Mais, que voulons-nous au juste ? Si vous êtes heureux à l’idée de ce repas de famille qui approche, c’est que vous avez besoin de vous rapprocher de votre famille.

Paul Heckman, psychologue à l’université de San Francisco, a identifié 6 émotions fondamentales. Elles traduisent chacune les besoins suivant :

  • la joie révèle un besoin de créer des liens, de partager et de célébrer ses victoires ;

  • la tristesse traduit un besoin d’être écouté, consolé et d’évoluer pour aller plus loin ;

  • la colère matérialise le besoin d’être compris et respecté, d’être entendu reconnu et aimé ;

  • la peur cache un besoin de sécurité, d’être rassuré et réconforté ;

  • la surprise est produite par un élément imprévu (jusqu’ici rien… d’étonnant), mais surtout un élément que nous allons devoir affronter ;

  • le dégoût traduit un besoin de se protéger, de protéger son corps, mais aussi ses valeurs et son identité.

Les émotions de base se subdivisent ensuite en émotions plus précises. Si les langues ont posé des mots depuis bien longtemps sur tout un tas d’émotions, ce n’est qu’à partir des années 70 que la science étudie les circonstances exactes associées à chacune d’elles.

Trouvez-moi le coupable !

Les plus intenses des émotions ébranlent notre système de logique et nous conduisent à nous focaliser sur l’élément déclencheur. Un collègue de boulot s’arrange pour nous refiler ce sale dossier et l’on ne décolère pas pendant 3 jours. Le message semble pourtant simple : ce type est un * ! %%##$ ! Mais non, l’essentiel n’est pas là.

L’émotion désigne le besoin. Ce collègue, encore lui, n’est pas responsable de nos émotions. Il porte la responsabilité de nous avoir transmis ce dossier, mais la façon dont nous vivons cet événement, elle, n’appartient qu’à nous. D’autres, avec des besoins différents, auraient réagi différemment.

Notre système de valeurs ne se révèle ni pire ni meilleur que les autres, il est juste différent. Et, comme si ça ne suffisait pas, nous faisons tous des erreurs qui peuvent ajouter de la confusion dans l’histoire.

Pour que l’émotion puisse jouer son rôle, vous devez accepter qu’elle n’appartienne qu’à vous et que vous puissiez la comprendre pour en faire quelque chose d’utile. Vous pouvez aller voir ce collègue pour lui expliquer (gentiment) pourquoi vous vivez mal la situation et trouver une organisation profitable à tous.

Les émotions ninja

À ce moment de notre réflexion, deux questions se posent :

  • Prenons-nous conscience de toutes nos émotions ?

  • Comment identifier précisément notre besoin ?

Et bien non. Les émotions les plus fortes ébranlent suffisamment notre pensée pour que nous les remarquions. Mais les émotions plus faibles passent inaperçues. Elle se dissimule au prétexte d’un emploi du temps surbooké, entre les sonneries du téléphone et les clignotements des notifications sur les écrans. De vrais ninjas…

Ces discrètes émotions ne sont pas totalement invisibles pour autant. Elles laissent des traces dans notre gestuelle, dans l’intonation de notre voix, dans notre façon de nous tenir et dans la nature de nos pensées et le choix des mots. Et ces éléments de langage nous permettent également de mieux cerner les circonstances qui induisent les émotions ainsi que notre besoin.

Les signaux non verbaux sont très nombreux, on peut rapidement souligner des indices tels que :

  • Une voix posée qui provient du fond du larynx traduit plus d’affirmation qu’une voix qui monte dans les aigus.

  • Une voix monocorde traduit un manque de motivation ;

  • Un faible volume ou une articulation mal dessinée révèlent un manque de confiance en soi.

  • Un rythme rapide et des intonations marquées révèlent une excitation ou de la joie.

  • Des épaules affaissées vers l’avant et un regard baissé traduisent une peur jusqu’à la soumission.

  • Un menton relevé, des épaules en arrière, des jambes écartées et des bras décroisés révèlent de la confiance.

  • Une main qui s’accroche à un bras n’indique-t-il pas une pointe de crainte ?

Il est néanmoins important de souligner que toutes ces attitudes dépendent également de notre physiologie, de notre manière d’être, des réflexes acquis durant de longues années et parfois de notre culture. Un seul élément isolé ne porte pas beaucoup d’informations. C’est la conjonction de pensées, de postures et de gestes qui permet de confirmer une émotion.

Mais vous pouvez aussi simplement vous accorder plus d’écoute, par exemple en utilisant la méditation.

J’oubliais, je viens d’inventer ce terme d’émotion ninja juste pour cet article. Ne cherchez pas sur internet, je pense que vous ne trouverez pas grand-chose.






Notre voyage dans le monde des émotions touche à sa fin, pour le moment du moins. Les émotions jouent un rôle primordial dans notre quotidien et notre performance, nous aurons l’occasion d’en reparler. En attendant, vous détenez les clés pour observer vos émotions et décoder les messages secrets qu’elles transportent tel un ninja. OK, oubliez cette histoire de ninja, allez plutôt sur la chaîne YouTube de Jo et abonnez-vous. Chaque semaine, un nouveau contenu revient sur des concepts du développement personnel qui peuvent tout changer.

Et pour approfondir les relations entre conscient et inconscient, jetez un œil à nos articles sur le développement de l’intuition et sur les bases de l’hypnose.


À bientôt,


Adrien






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